Accueil Actu ARTEMIDE : une longue tradition de design [Cahier techniq...
Actu Tertiaire 09 Octobre, 2026

ARTEMIDE : une longue tradition de design [Cahier technique 4/4 – Lumières N°56]

Artemide opère sur plusieurs territoires qui se nourrissent les uns des autres et s’appuie sur le design, cœur historique de la marque, avec des icônes comme la lampe Tolomeo conçue en 1987 par Michele De Lucchi et Giancarlo Fassina ou Eclisse, de Vico Magistretti, en 1967.

ARTEMIDE : une longue tradition de design [Cahier technique 4/4 – Lumières N°56]
Lampadaire Tolomeo par Michele De Lucchi et Giancarlo Fassina pour Artemide. © Artemide

Guillaume Bastien, country manager Artemide France, nous relate comment Ernesto Gismondi, le fondateur d’Artemide, a ancré le design au centre du développement de la marque.

Dès le départ, Ernesto Gismondi parlait de la lumière comme d’un acteur de notre bien-être…
Oui, cette idée a été formalisée par la suite sous le nom de The Human Light. Ce n’est pas seulement un slogan marketing, c’est une ligne de conduite qui a orienté chaque décision de la marque au cours des décennies. Le groupe est resté indépendant, familial, ancré dans la banlieue de Milan, à Pregnana Milanese, où tout a commencé. L’identité de la marque s’est construite collection après collection ; puis la partie architecturale a apporté une autre dimension, plus technique, à la fin des années 1990. Ce qui a permis de répondre aux besoins des professionnels pour les bureaux, les hôtels, les commerces, les espaces publics, avec des solutions d’éclairage intégrées pensées pour des contraintes réelles et avec le même niveau d’exigence que la collection design.

Comment choisissez-vous les designers ?
Peu de personnes le savent, mais plusieurs des produits les plus marquants de la marque sont nés en interne. Ernesto Gismondi était un ingénieur aérospatial avant d’être un entrepreneur. Et cette formation l’a conduit à concevoir des objets avec une rigueur de constructeur comme Sintesi, Discovery et Ilio. Ce ne sont pas des luminaires qui cherchent à séduire mais qui, plutôt, ont trouvé leur forme juste. Aujourd’hui, Carlotta de Bevilacqua, notre présidente, a poursuivi cette tradition avec la même exigence. Artemide cherche des gens, des designers, des architectes qui pensent la lumière comme nous. C’est-à-dire qu’ils ne la traitent pas seulement comme un effet décoratif, mais comme quelque chose qui agit sur les personnes, sur leur confort et sur leur façon d’habiter un espace. Ce qui rend ces collaborations assez précieuses, c’est qu’elles produisent des designs inattendus.
Prenons l’exemple de la Tolomeo. En 1987, lorsqu’elle est sortie, le marché n’attendait pas ce type de lumière. Il n’attendait pas de bras articulés aussi fins. Il n’attendait pas une mécanique d’équilibre sans aucun ressort visible ni ce dépouillement formel poussé au maximum. Et en fait, Michele De Lucchi et Giancarlo Fassina ont proposé une réponse à une question que personne n’avait encore posée. Ils ont dessiné un luminaire innovant, inédit. 40 ans plus tard, Tolomeo est toujours au catalogue, et présente sur les bureaux des architectes, chez les particuliers. Ernesto Gismondi présentait sur des salons plusieurs nouveautés sous forme de prototypes et écoutait les commentaires des visiteurs, des professionnels ou des particuliers. Ensuite, il choisissait ce qu’il allait industrialiser en fonction des retours. Tolomeo n’a pas été changée, elle a été déclinée : en lampe de table, en applique, en lampe de chevet, en suspension, en lampadaire et même en lampe extérieure, et dans différentes tailles.

artemide
Lampe de table Tolomeo par Michele De Lucchi et Giancarlo Fassina pour Artemide. © Artemide
Eclisse, designer Vico Magistretti © Artemide

Vous avez évoqué l’Eclisse. Quelle est son histoire ?
Vico Magistretti en est le créateur. Cette lampe a reçu le Compas d’or en 1967. C’est une double sphère avec un système de fermeture qui permet de réguler le flux lumineux. De manière assez élégante, le designer a mis cette double sphère dans une autre sphère, et en faisant pivoter la coque intérieure avec la main, il devient possible de doser la lumière, un peu comme on joue avec un store, par exemple, quand on règle un store par rapport à la lumière du jour. Il n’y a ni électronique, ni variateur, ni télécommande. C’est le simple geste de la main qui permet de doser la lumière. Eclisse est toujours au catalogue et elle n’a jamais été redessinée.

Alambicco est une création récente de Neil Poulton. Que pouvez-vous en dire ?
Le nom fait référence à l’alambic, un appareil de distillation. Le designer a pensé cette lampe comme une véritable distillation entre le savoir-faire artisanal traditionnel et la haute technologie led. La conception de la lampe Alambicco repose sur la superposition de deux verres aux textures différentes. Elle met en œuvre une technique traditionnelle vénitienne spécifique appelée le Balloton. Chaque module de verre est entièrement soufflé à la bouche dans la verrerie d’Artemide, ce qui confère à chaque luminaire des variations uniques de forme. La lampe est composée de modules en verre de Murano soufflé à la bouche qui viennent envelopper une structure centrale en aluminium extrudé. Le cœur technologique en aluminium intègre des circuits led sur quatre côtés opposés. La lumière traverse d’abord un cylindre de verre strié pour éviter tout éblouissement, puis est diffusée de manière douce et texturée par les sphères de verre externes. Grâce à une application dédiée, il est possible de faire varier la lumière à partir de son téléphone.

artemide
Alambicco, création de Neil Poulton © Artemide

Articles Associés