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Actu Urbain 30 Septembre, 2026

Éclairage du patrimoine bâti – Dossier Lumières N°56 (extraits)

La mise en lumière du patrimoine bâti se fait plus précise, plus discrète et plus économe, elle conjugue désormais qualité de perception, respect de l’intégrité architecturale, maîtrise des consommations et limitation des nuisances lumineuses. Entre lumière et obscurité, l’enjeu est de révéler sans jamais écraser.

Éclairage du patrimoine bâti – Dossier Lumières N°56 (extraits)
Galerie Giorgio Franchetti de la Ca’ d’Oro de Venise - Architecture : Veneto Regional Museums (architectes en charge de la rénovation) - Promoteur du projet : Venetian Heritage (Valentina Marini Clarelli Nasi, Toto Bergamo Rossi) - Conception lumière : Studio Pasetti - Solution d’éclairage : ERCO © ERCO - Photo : Marcela Schneider Ferreira

Mettre en lumière le patrimoine bâti ne consiste pas à le rendre simplement visible une fois la nuit tombée. La lumière devient ici un véritable outil de lecture et d’interprétation de l’architecture, mais pas seulement : elle révèle les volumes, souligne les modénatures, accompagne les matières et hiérarchise les éléments remarquables, tout en préservant l’identité du bâtiment et son environnement. Cette approche impose de composer avec l’histoire et la matérialité des lieux, mais aussi avec les contraintes de conservation et de réversibilité des installations. Des palais et des châteaux aux forteresses, en passant par les halles de marchés et églises de campagne, les projets présentés dans ce dossier montrent combien la mise en lumière patrimoniale peut évoluer, d’un site à l’autre, avec cependant des constances : compacité des appareils d’éclairage, sobriété des effets, douceur des ambiances.

La mise en lumière d’un édifice patrimonial constitue une intervention à la fois architecturale, technique et environnementale.  Le principe fondamental consiste à éclairer l’architecture sans la dénaturer. Le dispositif lumineux doit accompagner la lecture du bâtiment, révéler ses caractéristiques essentielles et respecter sa matérialité, ses proportions et son environnement urbain ou paysager. La lumière est généralement pensée comme une composante du projet architectural nocturne, avec une hiérarchisation claire des niveaux de perception et des éléments à mettre en valeur.

Dans le respect de l’intégrité architecturale

C’est exactement l’approche de Stéphane Servant (Atelier S2) et Soizick Bihen (Agence Soizick Bihen) sur les remparts du Quesnoy, qui leur a valu le prix ACEtylène 2025 du patrimoine bâti (voir Lumières N° 54). Les remparts sont ponctués de boutisses, pierres taillées placées dans le mur suivant sa longueur, de manière à ne montrer que le petit bout en parement, qui servaient à renforcer les fortifications pour les protéger contre les attaques. Ces boutisses forment des petits carrés blancs qui percent les murailles, créant un décor singulier que les concepteurs lumière ont voulu souligner.

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Les remparts du Quesnoy – Maîtrise d’ouvrage : Ville du Quesnoy – Maîtrise d’œuvre : Architecte du Patrimoine, François Bisman – Paysagistes concepteurs : Envergure – Conception lumière : Stéphane Servant (Atelier S2) – et Soizick Bihen (Agence Soizick Bihen) – Matériel d’éclairage : Derksen, iGuzzini © Nicolas Jouve

« Nous avons utilisé des projecteurs à gobos en 6 700 K, qui viennent redessiner les carrés de couleur claire, détaille Soizick Bihen, et les font ressortir par rapport à la brique qui, elle, est éclairée dans une couleur plus chaude, en 2 700 K, en contraste avec les boutisses. Ainsi, elles se révèlent sous une lumière sculptée, projetée avec finesse par les gobos qui en soulignent la matière et le rythme. » Cette écriture lumineuse, déclinée sur les portes d’accès au centre-ville, devient une signature nocturne identifiable, à la fois discrète et expressive. « L’ensemble compose une harmonie douce entre texture, couleur et perception, inscrivant la lumière comme prolongement naturel de l’architecture », notent les concepteurs lumière.

Finalement, toute intervention sur un bâtiment patrimonial recherche la réversibilité et la discrétion des installations. Les équipements doivent autant que possible être implantés sur des supports existants ou dans des emplacements permettant de limiter les percements, scellements et modifications irréversibles.

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© Disano

La basilique Notre-Dame de Sion est un lieu emblématique dont l’architecture mérite une mise en lumière à la hauteur de son histoire. Pour ce projet d’éclairage extérieur, Disano a conçu une solution permettant de révéler les lignes du bâtiment et la richesse de ses détails architecturaux, tout en respectant son identité et son caractère patrimonial.
L’objectif était de créer un éclairage élégant et discret, capable de mettre en valeur les volumes, les reliefs et les matériaux de la basilique sans les dénaturer. La lumière accompagne ainsi la silhouette de l’édifice, souligne ses éléments remarquables et offre une lecture nocturne harmonieuse de ce monument.

Une combinaison de luminaires performants
Pour répondre aux exigences esthétiques et techniques du projet, deux solutions Disano ont été retenues :
– Elfo 1515 Amber 60 W Ambre Cell G (x4), des projecteurs spécialement choisis pour leur capacité à créer une mise en lumière chaleureuse et respectueuse de l’environnement nocturne. Leur grande précision permet de valoriser les éléments architecturaux avec finesse tout en limitant les émissions lumineuses indésirables ;
– Cripto 1714 SYM 73 W en 2 200 K (x30) : des projecteurs IP66 à haut rendement offrant une température de couleur très chaude, idéale pour les bâtiments patrimoniaux. Ils assurent un excellent confort visuel, une faible consommation énergétique et une grande longévité, tout en remplaçant efficacement les technologies d’éclairage traditionnelles.

Une lumière qui révèle l’architecture
Chaque point lumineux a été étudié afin de créer un équilibre entre performance technique et qualité visuelle. Les faisceaux mettent en valeur les façades, soulignent les reliefs de la pierre et accentuent la verticalité de l’édifice, sans créer de sur-éclairage. Cette approche permet d’offrir une nouvelle lecture de la basilique à la tombée de la nuit, où la lumière devient un véritable outil de valorisation du patrimoine, révélant l’architecture avec sobriété et raffinement.
En associant des solutions led performantes à une étude photométrique adaptée, l’éclairage devient un véritable vecteur de mise en valeur, permettant de révéler le caractère exceptionnel de la basilique de Sion tout en préservant son identité. Une réalisation où technologie et patrimoine se rencontrent pour offrir au monument une présence nocturne élégante et durable.
Installateur : SARL G.elec – Grégory Husson

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© Violette Germaneau

Les luminaires ACTiLED, fabriqués en France, ont été choisis pour la réfection de l’éclairage public des halles de Couhé. Cette commune se situe dans le sud-ouest de Poitiers, dans la Vienne, et aux abords des Deux-Sèvres. Dans son centre bourg, Couhé abrite un site emblématique de Valence-en- Poitou : les halles. Datant du XVIe siècle, ces halles ont historiquement servi de lieu de jugement, de champ de foire, de marchés et festivités. Reprises par 36 propriétaires successifs, elles appartiennent désormais à la commune.

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© Violette Germaneau

Les luminaires tubulaires ACTiTube40S ont été installés entre 15 travées de l’entrecolonnement extérieur afin de mettre en lumière sa charpente imposante qui repose sur 56 piliers octogonaux. Ces tubulaires sont particulièrement adaptés à ce type d’installation puisqu’ils se raccordent en 230 V direct et se chaînent sur plusieurs longueurs de mètres.
Le filtre couleur ambre intégré dans les tubulaires, ainsi que la température de couleur choisie apportent une ambiance de lumière naturelle et chaleureuse. L’éclairage ambré vient souligner les lignes et textures de la charpente et révéler le côté « ancien » du bâtiment. Un joyau architectural qui va continuer à animer des manifestations conviviales, des marchés et sa foire du 1er mai, et qui bénéficiera à la tombée de la nuit d’un écrin de lumière.
Distributeur : RG Ouest
Bureau d’études : Ancelin
Installateur : Citeos Poitiers

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© Hugo Da Costa

Conception lumière : L’Acte Lumière, Jean-Yves Soëtinck
Architectes : Studio BT Architectes, Andrea Bortolus, Raffaella Telese

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© Hugo Da Costa

Il y a un peu plus de trente ans, l’Unesco inscrivait le centre historique d’Avignon et son emblématique palais des Papes au patrimoine mondial. Profondément modelé par la présence des souverains pontifes au cours du xive siècle, le centre historique a su conserver son intégrité et son authenticité.

Pour célébrer l’anniversaire de cette distinction, la municipalité a déployé une nouvelle mise en lumière de ses pièces maîtresses, dont la place du Palais, en son cœur, qui attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs.
Le nouvel éclairage vise à valoriser et magnifier ce site exceptionnel, au travers de trois objectifs : valoriser l’architecture de la place et ses abords, garantir la sécurité des usagers, tout en limitant les dépenses énergétiques et les impacts sur la faune nocturne.

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© Hugo Da Costa

Fort de sa parfaite connaissance du matériau aluminium, le bureau d’études Technilum a conçu un profil aluminium sur-mesure, en forme d’étoile, qui répondait point par point aux spécificités du projet. Nommé Caladoc, du nom d’un cépage rare du sud de la France, il évoque l’unicité de ce profil aluminium tout en ancrant le projet dans son territoire. Parfaitement intégrés grâce à leur finition thermolaquée gris 2800 sablé, des mâts bipode et tripode ponctuent désormais ce site patrimonial de leur élégante silhouette, répondant aux enjeux esthétiques et techniques. Le mobilier d’éclairage a été fabriqué dans l’usine de Technilum à Lézigno, aux portes de Béziers.

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© Renato Begnoni

Maîtrise d’ouvrage : Fondazione Carlon
Architectes : Baldessari e Baldessari Architetti e Designers

Le palais Maffei est emblématique du style baroque de Vérone, avec sa façade caractéristique ornée de fins éléments décoratifs. Il abrite aujourd’hui la collection d’art privée de Luigi Carlon, présentée dans une superbe résidence-musée. Le parcours d’exposition rassemble plus de 350 œuvres anciennes et modernes, allant de l’Antiquité à l’art contemporain.

© Renato Begnoni

Le projet d’éclairage, dirigé par Paolo Baldessari, a nécessité une planification minutieuse. Les contraintes de conception interdisaient l’utilisation de produits visibles ou invasifs dans ce contexte monumental. Le choix s’est donc porté sur des solutions compactes, intégrant une technologie miniaturisée aux dimensions réduites. Certaines solutions développées spécifiquement ont également joué un rôle important, comme le verre spécial « soft » utilisé pour tous les projecteurs linéaires, destiné à obtenir un éclairage homogène et diffus tout en limitant les ombres marquées. L’éclairage de la façade devait être calibré avec douceur afin de souligner discrètement la richesse des décorations, tout en réduisant la pollution lumineuse sur la piazza voisine.

© Renato Begnoni

L’éclairage architectural du premier étage met en valeur les cinq ouvertures grâce à autant de projecteurs linéaires Notturno 1000 équipés de réflecteurs elliptiques, qui révèlent la richesse des décorations et soulignent les motifs sculptés de la corniche supérieure.
Le deuxième étage reprend l’ordonnancement du premier, mais les grandes ouvertures des fenêtres sont plus basses. Pour ce niveau, des appareils Notturno 500 dotés de réflecteurs circulaires intensifs ont été utilisés afin d’éclairer les pilastres entre les ouvertures et la frise supérieure à grand motif floral. L’ensemble crée un contraste raffiné entre les surfaces mises en lumière et les zones d’ombre.

Tous les luminaires présentent une teinte chaude de 3 000 K, spécialement choisie pour restituer au mieux la couleur des murs en pierre, revenus à leur splendeur d’origine après une restauration et un nettoyage minutieux. Au sommet, une balustrade ornée de six statues de divinités sculptées dans le marbre local est mise en lumière de manière scénographique et théâtrale grâce à des projecteurs Focus+ Zero, également en 3 000 K.
Le porche d’entrée qui mène de la place à la cour intérieure est éclairé par des appliques murales Mimik 20 Flat à double émission adaptée aux cheminements au niveau du sol et, en partie haute, diffusent uniformément la lumière sur la voûte, soulignant ainsi les volumes de la cour intérieure.

© Renato Begnoni

Dans la vaste cour, l’espace extérieur du restaurant bénéficie d’un éclairage réalisé à l’aide de plusieurs dizaines d’appliques murales Mimik 20 de 3 000 K. Toutes sont équipées d’un cadre accessoire assorti à la surface murale afin de minimiser l’impact visuel du produit installé et de ne laisser apparaître que l’effet lumineux de l’appareil allumé.
La version Mimik 20 Flat à double émission a été retenue pour l’éclairage des surfaces verticales du bâtiment, pour son format plus compact et sa capacité à diffuser la lumière sur une large portion du mur. Pour l’éclairage de la cour et du préau couvert, le modèle Mimik 20 à émission simple avec optique asymétrique a été choisi afin de garantir un confort visuel optimal sur les tables.
L’espace d’exposition du musée est accessible par un escalier hélicoïdal unique en pierre, qui relie les niveaux inférieurs au toit sans aucun support central. Les cinq statues qui s’y trouvent sont mises en valeur par de petits projecteurs Spider+ 10 en 3 000 K.

© Jean-François Lami

Conception lumière : Le Point Lumineux

Le château de Belvoir, monument emblématique du Doubs perché à près de 650 mètres, retrouve aujourd’hui une nouvelle présence dans le paysage nocturne grâce à une mise en lumière pensée comme un véritable outil de valorisation patrimoniale. Loin d’une approche spectaculaire, le projet privilégie une lecture sensible de l’architecture, révélant les volumes, les textures de la pierre et la richesse historique du site, tout en préservant son identité.

© Jean-François Lami

Cette réalisation est le fruit d’une collaboration étroite entre la Ville de Belvoir, l’agence de conception lumière Le Point Lumineux et LEC, autour d’une ambition commune : sublimer sans dénaturer. L’intégration discrète des équipements, la maîtrise des flux lumineux et le choix de températures de couleur adaptées – 3 000 K à la base des tours et 2 700 K au pied des fortifications – permettent de respecter aussi bien l’architecture que son environnement naturel. La puissance installée, volontairement limitée, ainsi que la gestion des scénarios d’allumage et d’extinction participent à une approche responsable, conciliant mise en valeur du patrimoine, sobriété énergétique et préservation de la biodiversité nocturne.

En redonnant au château une présence lisible à la tombée de la nuit, cette scénographie lumineuse accompagne la réhabilitation et l’attractivité du site sans jamais prendre le pas sur son histoire. Elle démontre que l’éclairage architectural, lorsqu’il est conçu avec justesse, devient un véritable révélateur du patrimoine bâti, au service de sa transmission, de son appropriation par les habitants et de son rayonnement sur le territoire.Place de la République, Belfort (90), Selux

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© Xavier Boymond

Maître d’ouvrage : Ville de Belfort
Maîtrise d’œuvre : Atelier Alfred Peter
Paysagiste (mandataire) : OTE, LEA, A. Scaranello Architecte

Belfort, la requalification de la place de la République s’est accompagnée d’une nouvelle mise en lumière destinée à révéler la richesse architecturale et patrimoniale du site. Créée à la fin du xixe siècle, la place constitue un écrin remarquable, bordé notamment par la préfecture, le palais de justice et la salle des fêtes, et accueille, en son centre, le monument des Trois-Sièges, œuvre de Frédéric-Auguste Bartholdi inaugurée en 1913.
Pour accompagner cette transformation, Selux a déployé le système de colonnes lumineuses Lif, dont la modularité permet ici de répondre à deux enjeux complémentaires. Sur les bâtiments, les modules Façade assurent une mise en lumière précise et homogène des façades, tandis que les modules Top Tritec S apportent l’éclairage général de la place. Les optiques Tritec S ont notamment été conçues pour révéler avec précision les formes, textures et détails de l’environnement, en limitant la lumière aux surfaces à éclairer.

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© Xavier Boymond

Au centre de la place, le monument des Trois-Sièges bénéficie d’un traitement particulièrement précis. Des colonnes Lif équipées de modules gobo et de modules Top Tritec S permettent de conjuguer éclairage général et mise en valeur ciblée de la sculpture. Grâce à la projection par gobo, la lumière épouse au plus près les OTE, LEA, A. Scaranello Architecte contours du monument : la statue est révélée sans éclairer inutilement son environnement. Cette technique permet ainsi de préserver la perception nocturne de l’espace tout en donnant au patrimoine une présence nouvelle.
Le projet associe éclairage fonctionnel, valorisation architecturale et scénographie, avec une même exigence : apporter la juste quantité de lumière au bon endroit.

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