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Actu Urbain 07 Octobre, 2026

Pontarlier : un plan lumière pour des lieux d’exception

À la demande de la Ville de Pontarlier (Doubs), Thierry Walger, de l’agence Le Point Lumineux, a élaboré un plan lumière pour les sites pontissaliens remarquables dont les éclairages, constitués encore de lampes à décharge, étaient devenus obsolètes et énergivores.

Pontarlier : un plan lumière pour des lieux d’exception
Porte Saint-Pierre
Pontarlier est une commune de 19 000 habitants située dans le Haut-Doubs à 850 m d’altitude. Nouveau maire élu en mars 2026, j’ai très à coeur de développer l’attractivité de cette ville centre, tant en matière d’offre culturelle que touristique. Pour ce faire, je pense qu’une bonne mise en valeur par la lumière de notre patrimoine architectural ne peut être que bénéfique pour notre développement et le plaisir de mes administrés et de nos visiteurs. C’est pourquoi l’étude réalisée le regard porté par l’agence Le Point Lumineux représentent pour nous de précieux atouts, commente Patrick Comte, maire de Pontarlier.

Un plan lumière est une étude d’urbanisme en éclairage extérieur. Il s’attache, principalement, à un recensement des bâtiments et des avenues à mettre en lumière. Ses objectifs sont, à court terme, de structurer l’espace public nocturne, guider les déplacements et renforcer le sentiment de sécurité ; de lutter contre la pollution lumineuse et protéger la biodiversité nocturne ; de réduire la consommation d’énergie et maîtriser les coûts de maintenance des équipements ; et de mettre en valeur le patrimoine architectural et paysager d’une ville ou d’un quartier. Définissant ainsi le plan lumière, Thierry Walger, concepteur lumière, Le Point Lumineux, précise en quoi la connaissance du « terrain » est une valeur ajoutée.

Une analyse sur le terrain
« J’aime la nuit et j’aime écouter les autres, raconte le concepteur lumière. Deux facultés essentielles pour comprendre la ville. Avant d’élaborer le plan lumière de Pontarlier, j’ai passé du temps à me promener dans la ville : le jour comme la nuit, allant à la rencontre des habitants pour échanger avec eux, essayer de savoir ce qu’ils aiment le plus dans leur commune, comment ils appréhendent la nuit, quels monuments les touchent le plus. C’est un exercice riche d’enseignements qui permettent ensuite de lier la mise en lumière du patrimoine à la sécurité ; de choisir les techniques d’éclairage et, surtout, de doser la lumière. Car nous sommes partisans de ne jamais éteindre, mais d’adapter en fonction des horaires nocturnes afin de trouver un équilibre lumineux, d’adapter la lumière en fonction des lieux, de la fréquentation et des moments de la nuit. » Dans le cadre du plan lumière de Pontarlier, ce sont tout d’abord les dépenses énergétiques importantes qui ont motivé la demande de la commune de rénover l’éclairage des monuments emblématiques. Puis s’est posée la question des nuisances lumineuses : plusieurs décennies s’étaient écoulées depuis les premières mises en lumière ; aujourd’hui, les technologies permettent de moduler l’éclairage au cours de la nuit.

Prendre en compte la singularité des sites
Pontarlier est une commune et sous-préfecture du département du Doubs, située au cœur du massif du Jura, frontalière de la Suisse. Elle présente un patrimoine architectural et culturel riche. L’église Saint-Bénigne, reconstruite de 1651 à 1666 dans un style roman-gothique comtois avec clocher à dôme impérial et vitraux signés Alfred Manessier, est inscrite aux monuments historiques. L’arc de triomphe (XVIIIe siècle) de la porte Saint-Pierre, édifié entre 1771 et 1773 pour célébrer la reconstruction de la ville, en est également un symbole majeur. Le musée municipal d’Art et d’Histoire, logé dans une demeure du XVe siècle, présente des collections archéologiques, régionales, d’arts décoratifs et d’objets liés à l’absinthe. La chapelle des Annonciades, l’hôtel de ville, le théâtre et les casernes Marguet complètent cet ensemble patrimonial.

« Nous avons pris le parti de mettre en valeur de manière homogène les monuments historiques et importants, avec l’idée de créer une unité, une cohésion au sein du centre-ville tout en magnifiant les édifices remarquables qui conservent des identités architecturales notables », explique Thierry Walger.
La porte Saint-Pierre (inscrite aux monuments historiques) et les casernes Marguet (XVIIIe siècle) marquent l’époque où Pontarlier était une ville de garnison. « Il serait certainement intéressant de créer un lien entre ces deux éléments, qui sont essentiels à l’histoire de la ville. Une correspondance, une unité, un jeu de couleur », commente Thierry Walger.

Le plan lumière prévoit aussi d’éclairer les cinq ponts qui traversent le Doubs et qui relient les différentes zones de la ville. Le Doubs est un fleuve largement utilisé pour des activités sportives, il est aussi traversé quotidiennement, notamment par des voies essentielles comme le pont de l’hôpital, donnant sur la rue de la République (traversant le centre-ville) ou encore le pont de la Fauconnerie, présentant une voie à double sens de circulation (rocade Georges-Pompidou). L’éclairage peut s’inspirer des projets déjà réalisés, notamment la mise en valeur de la Loue, à Ornans.

« Nous avons imaginé de souligner l’église Saint-Bénigne et les vitraux d’Alfred Manessier par la couleur, poursuit Thierry Walger. L’éclairage peut être réalisé grâce à une projection de taches de couleurs ou de formes rappelant les vitraux, sur le sol autour de l’église ou sur les parois environnantes. Tout près, le kiosque, qui fait face à l’église, pourrait bénéficier d’une mise en lumière faisant écho à celle de l’édifice religieux. » Le principe du plan lumière repose sur la simplicité des concepts lumineux qui tiennent compte de la vie des différents quartiers ; s’appuient sur l’histoire et l’architecture de la ville dans le respect des réglementations (notamment l’arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses). « Chaque quartier de la ville présente un caractère qui lui est particulier, explique Thierry Walger. Des entreprises et des industries n’ont pas le même rythme de vie qu’un quartier résidentiel, et les besoins de lumière sont différents. L’aspect, l’image du matériel d’éclairage devront aussi être distincts. Dans la ville ancienne, les différents monuments racontent chacun son histoire : aussi, les teintes des pierres devront être associées à une lumière d’une température de couleur adaptée, afin de rendre aux édifices leur singularité. »

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