CREALUM’IN : le sur-mesure comme signature [Cahier technique 3/4 – Lumières N°56]
Crealum'in, fondée en 1983 par José Bevierre, est spécialisée dans la création sur-mesure de luminaires et de grands gestes lumineux. Le site de production est implanté sur le territoire de Val d’Europe et un atelier de 2 000 m² va bientôt ouvrir dans la commune de Coupvray (Seine-et-Marne).
Sébastien Bévierre, succédant à son père, dirige Crealum’in depuis 2004. Il nous dévoile comment l’entreprise familiale est passée, en 30 ans, d’un atelier de 60 m² avec trois personnes à deux sites de fabrication, dont un de 3 000 m², employant plus de 20 personnes. Avec des créations qui s’appuient sur un travail d’équipe en interne et en association avec architectes et designers.
Pouvez-vous nous raconter comment Crealum’in s’est imposée dans la conception de luminaires sur mesure ? En avril 2006, nous avons été contactés par le maître d’ouvrage chargé de réaliser le Sofitel de Rabat, au Maroc. Le fabricant choisi leur avait fait faux bond au dernier moment. L’enjeu était de taille : nous n’étions que trois ! À l’époque, j’avais un ami qui travaillait dans le secteur de l’automobile et son entreprise subissait un plan social : l’activité était quasiment à l’arrêt. Il nous a aidés à tout dessiner en numérique, avec les machines de découpe laser. Nous avons ainsi pu relever le défi et le mandataire nous a confié une autre commande de luminaires pour un Sofitel à l’île Maurice. Au fil des années, nous nous sommes spécialisés dans le sur-mesure, en en faisant notre ADN. C’est ainsi que nous avons fini par nous installer sur le territoire de Val d’Europe, à Marne-la-Vallée, pour être au plus près de Disneyland qui, en 2020, nous a donné la chance de pouvoir créer un grand dôme en acier avec leurs équipes de show lighting pour le monde des Avengers. C’était un peu notre examen de passage. Aujourd’hui, Disney est un client et un partenaire fidèle. On vient de réaliser les luminaires bleus de La Reine des Neiges et on commence des études pour Le Roi Lion.
Vous travaillez beaucoup avec des architectes d’intérieur et des décorateurs… C’est vrai : notre savoir-faire consiste à concrétiser et fabriquer des designs imaginés par d’autres professionnels. Dans le cadre de Disney, les designs viennent des États-Unis et doivent respecter une charte très précise. Pour le projet de Monaco, la Société des Bains de Mer nous avait sollicités pour fabriquer 450 luminaires pour le Café de Paris, dont l’élément central est un lustre de 9 m de haut. Ce projet est le fruit d’une belle collaboration entre les concepteurs David Collins Studio, l’éclairagiste LightIQ et nos équipes. Pendant 10 mois, nos collaborateurs – entre autres Alec, mon fils, qui me seconde, Apolline, notre designer, Kevin, responsable du bureau d’études, Manuel, le chef d’atelier et Jean-Louis, le doyen – se sont relayés, de l’étude à la pose, en passant par la création et la fabrication. Nous avons d’ailleurs ouvert une agence monégasque afin d’accroître notre efficacité.
Pour les salons du Terminal 1 de Roissy- Charles-de-Gaulle, nous avons travaillé avec les designers Hugo Toro et Maxime Liautard, qui ont imaginé les « Feux d’artifice » : 11 candélabres monumentaux (10 m de haut) inspirés des Années folles et de Paris est une fête d’Hemingway. Ce projet complexe a nécessité une phase d’étude approfondie incluant le montage de préstructures, des calculs très poussés et l’élaboration de bras pivotants qui permettent d’accéder à l’éclairage technique pour la maintenance. Un chantier exigeant mené sur plus de neuf mois, en lien étroit avec les équipes créatives et techniques. Nous nous efforçons de perpétuer ce travail à la main, le savoir-faire de nos artisans et de jouer sur leur polyvalence : nos ateliers comprennent beaucoup de corps de métier et peu de personnes !
Vous vous définissez davantage comme des artisans ? Oui, la plupart du temps, on interprète des designs qui nous sont envoyés par les architectes et les designers. Il peut arriver que le client nous demande des idées : et dans ce cas, nos équipes proposent des concepts de luminaires. Dans tous les cas, on s’imprègne des lieux, de leur architecture, de leur destination. Puis vient l’étape de prototypage, de premier de série, et ensuite la fabrication. Par exemple, pour le restaurant Il Grande Palm Beach, à Cannes, nous avons beaucoup échangé avec Hugo Toro, MVP Lighting et LightIQ, afin de créer cette atmosphère théâtrale, aux accents felliniens. Nous avons réalisé une centaine de luminaires : des lustres en forme de cascade aux lueurs ambrées, composés d’une structure en Inox poli miroir et de verres texturés orangés d’une hauteur de 1,50 m ; des lampes à poser et des appliques chromées.
Tout commence par un échange entre la personne chargée du projet (décorateur, architecte d’intérieur ou client final) et notre équipe. Lors de cette discussion initiale, l’objectif est de comprendre les besoins, les contraintes et les attentes précises du client afin d’orienter le projet dans la bonne direction.
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